Alger le 20/07/2006

Il n’y a pas un endroit où les mémoires ne sont pas remises en cause. Alors, avant de leur exiger des autres, tel ou tel respect, commençons par les respecter et les honorer non pas seulement lors des différentes cérémonies mais dans notre quotidien et chacun à son niveau.
Lorsque nous assistons dans tel ou tel tribunal (là où je crèche) à tel ou tel procès, il vraiment difficile de ne pas se rendre à l’évidence et reconnaître que les naïfs sont bel et bien responsables de ce mal qui ronge la société… Il n’y a pas une parcelle où le droit n’est pas bafoué comme la justice n’est pas souillée… Il n’y a pas un endroit où la corruption ne s’érige pas en un incontournable moyen pour atteindre ce droit dont nous parlent aux les élus que les responsables. Il n’y a pas un sel endroit où le favoritisme et le passe droit ne sont pas les piliers de la gestion de ce que les uns et autres nous annonces telles les aspirations de la couche profonde de la société. Il n’y a pas un seul endroit où le regard ne va pas sur votre portefeuille et parmi ces endroits cet autre endroit qui se veut l’endroit de la solidarité et pour la solidarité…
Il n’y a pas un seul endroit où l’on ne ment pas et où l’on ne piétine pas les valeurs…
Heureusement, pour telle cause, l’ignare et le naïf, ont compris mais malheureusement c’est bien tard. Que dieu, pardonne à tous les naïfs et les ignares, l’aide qu’ils ont pu apporter à ceux qui sont devenus se qu’ils n’étaient pas.
Je dédis ces vers à ces chefs d’œuvres (hommes) divins, de nos jours bien danger et qui rêvaient d’une vie meilleure avec la protection du droit des uns et des autres et que malheureusement se retrouvent pris entre le calvaire du silence et l’infernale vie que leurs ouvrent les tribunaux...

L’emprunte du diable

Silence, un peu de silence
Il annonce ma sentence.
Le président montre mon trou
Les élus m’inventent des boues
Le sénat enfonce le clou
Le juge, de l’honneur s’en fout.
Que je sois ou que je devienne fou
A, jadis madame, ils remettent tout.
Ainsi, ils osent parler de constance
Et aux autres imposer la repentance.

Silence, un peu de silence
Ils étalent leur arrogance.
Robe en satin, jamais vu
Quelle entrée ! Qui l’aurait cru
Cendrillon n’ayant rien connu
Surpris, je revois le B, le S et le U.
Sa dictée, reprise sur quatre pages
Libérée, appuyée elle me dévisage
Voulant le retour à l’esclavage
Dans ses yeux une folle rage.
Ainsi, ils osent parler des valeurs
De leur présent, l’avenir a peur.

Silence, un peu de silence
Seuls, les youyous en présence
Le démagogue, gagne la rue
Canaris et rossignols se sont tus.
L’injustice, embellie s’inscrit
Dans son lexique, plein de folies.
Devant lui, Pinochet est un apprenti
Homme de principe, il se décrit.
Pol pot de sa tombe s’enflamme
Sous monsieur, le déshonneur s’acclame

En mourant, père a laissé un droit
De son vivant, monsieur fait la loi.
En mourant, mère a légué l’honneur
De son vivant, le tyran sème la terreur.
Hier, lequel ne l’a pas aperçu
Ici comme ailleurs sans vertu
Accroché à l’adultère, faisant vomir
Devant son maître, suivre ou fuir.

Silence, ils ne m’ont jamais écouté
Charlatans et vampires m’ont débouté
Histoires souillées, rêves piétinés
Versets et paroles calcinées.
Silence, voilà les nouveaux dieux
Que du noir, mort le radieux
Ils te fusillent d’un air malicieux
Si tu parles, à toi la voie des cieux.
Voilà, impuissant je me tais
Vous pouvez m’exécuter.

NB : B.S.U = bulletin suffrage universel



Alger le 30/07/2006

Nul ne s’est auto créé pour s’offrir le droit de faire disparaître l’autre…

Comment et où trouvent-ils ou encore où puisent-ils (les décideurs) tout ce courage et cette volonté pour faire traîner la solution de ce mal qui ne ronge plus mais tue voir décime tout un peuple ? Et pourtant la solution est bien facile et moins coûteuse. Seulement peuvent-ils y penser sans pour autant se verser dans les calculs du géostratégique ?
Seulement peuvent-ils arrêter les inventions des destructions de l’homme et de son environnement et ainsi nous éviter ces conflits voir ces guerres qui les arrangent pour tester ce qu’ils confectionnent ?
Tous ces pays qui se veulent des puissances ne peuvent-ils pas imposer le droit à l’existence ?

Les fauves à l’œuvre

La sécurité sur civière
La paix, mise en bière
Dans le ciel, de la poussière.

Que de fentes, plus d’espoir
Que de ruine, tout est noir
Visqueux et salé sont à boire.

L’ère, devenant invivable
Tous deux, livrés au diable
Dur retour à l’effroyable

Autour du cou, une bannière
Griffes dehors, sorti de sa tanière
Le renard souffle sur les prières.

Assurant, forêts et clairières
Le loup, défiant la lisière
Grignote, telle frontière.

Carte étalée, ils jouent aux fiers
Chaises déballées, grande lumière
Ils veulent, atteindre la rivière.

Caisses lourdes bien pleines
Au bout, la mort est certaine
Mon dieu, qu’elle haine.

Les images de l’horreur défilent
Sur cette terre, jadis fertile
Les corps, inertes s’empilent.

Là-bas, ils se réunissent
Par des mots, punissent.
Ici, les attentifs de la glisse
Bien, enchaînés vieillissent
Avec la vérité de Lapalisse.

Les oreilles bien bouchées
Les cœurs bien nichés
A tel article il faut toucher.

Attendant l’heure de gloire
Piétinant, passé et mémoires
La table est prévue pour tel soir.



Alger 01/08/2006

Lequel d’entres-nous n’a pas l’impression que certains supposés puissants et forts ne trouvent plus rien à prouver du moment qu’ils pensent avoir atteint telle ou telle marche de l’échelle ni à accomplir en direction de ceux qu’ils pensent être les faibles si ce n’est chercher comment détruire encore davantage les rescapés de l’esclavage sans lésiner ni sur les moyens ni sur le temps, ce qui leur parait être contraire à leur point de vue ?
Ces peuples que nous voyons chaque jour, décimés ne sont-ils pas les héritiers des ces mémoires sur lesquelles ces mêmes puissants et forts étalent leurs discours tout juste le temps d’une cérémonie ?
Notre mémoire bien fraîche se souvient encore de ce qui fut dit lors des commémorations de tel ou tel débarquement, chute et événement…

La colombe en deuil
Mon Dieu, faites que je sois fou
Si je parle de cet ignoble trou
Tout est clair, rien n’est plus flou.

La colombe déplumée
Champs et forêts en fumées
La vie est vite consumée.

Que de bruit, point de rossignol
Papillon et hirondelle s’affolent
Missiles et avions décollent

Tiré du dessous des pierres
L’écureuil plein de poussière
Est allongé sur une civière.

Que de guêpes, plus d’abeilles
La ruche, du fond du cercueil
Regarde, pleure, souffre et veille.

Que de monstres, point de sage
Haine et folie, vil mariage
Diables et Lucifer s’enragent.

Que de silences pour un silence
La partition de l’indifférence
Pour l’orchestre de l’ignorance.

En gardant l’œil sur la bourse
Que de courses pour une course
Sans même effleurer la source.


Alger le 19/08/2006

Je dédis ces vers à tous ceux qui me lisent et en particulier à ceux qui m’ont laissé des messages au sujet du poème que j’ai écrit pour ma fille Noha « pour une autre page ». Ces quelques vers je les ai promis à un ami pour avoir repris et souligner les deux derniers vers dans son message, je l’ai terminer grâce au message si ouvert et si humain d’une amie qui vient de m’offrir son amitié (je prie dieu pour que je sois à la hauteur)…
Lorsque le sens du sens n’a plus de sens et que tout au fond du tout ne mène que vers l’indifférence, n’est-il pas préférable d’épouser l’ignorance sous forme de la résignation que de persister dans la recherche de la raison du pourquoi ? C’est ce que je tente de faire…
Lorsque dans les moments difficiles, les uns vous oublient et les autres font tout pour vous enfoncer encore davantage dans ce gouffre, foyer de ce qu’ils appellent les « sous hommes », n’est-il pas plus utile de tirer un bon et large trait sur ses regards et ainsi couper le liens qui existe entre les yeux et le cœur ? C’est ce que je fais et transcris pour mes enfants et mes amis (es)…
Combien y a-t-il de raisons pour que la raison ne soit plus une raison ? Je cherche encore…
Y a-t-il une seule et valable raison pour que leur raison soit l’unique raison qu’il faut honorer et respecter dans les moindres détails? Celle de la corruption…

Combien y a-t-il d’existence pour que l’existence ne soit plus cette existence qui s’impose pour faire reconnaître son existence ? J’ai trouvé deux, la dictature et la démocratie des faux démocrates…

Là, toute mon histoire

Ils m’appellent l’esclave
Mais je n’ai pas de maître.
Alors soyez brave
Faites moi renaître.

Dans le cœur, longue lecture
Au front, que de blessures
Aux pieds, que de gerçures.
Bien droit, pour la droiture
Dans mon lit, la froidure
Le taudis, devient luxure.

J’ai repris tant de vérités
Pieds nus, j’ai grandi.
J’ai vu tant d’atrocités
Je pensais en avoir fini.

J’ai longé tant de murs
Ventre creux, je chancelais.
Tout se vouait au sur mesure
Dans le dos, ils parlaient.

J’ai connu mille chemins
Et grimper sur des collines
Triste et bien triste destin
Pire que celui des salines.

Boiteux, l’échelle me peinait
Du vide, je plongeais dans le noir
La corde bien raide me freinait
Le gouffre m’offrait son miroir.

Affaibli j’attends mon heure
Partir, souhaits, pour ailleurs.
De la mort je n’ai pas peur
Je ne suis pas un voleur.

Voilà, toute mon histoire
J’ai rempli bien de pages
A la haine, j’ai du surseoir
Attentif, je reste sage.

Papa, maman lui offre ses seins
Dans ce passé, j’ai pris mon bain
Le présent, bien mauvais train
L’avenir, je le remets entre vos mains.

Alger le 20/08/2006

En ces jours douloureux, je n’ai ces quelques vers à offrir tant aux uns qu’aux autres avec l’espoir que tout homme sain véhicule le noble sens du sens à savoir celui de la fraternité et du respect du droit d’autrui… Je sais qu’il est facile d’écrire mais je sais aussi que même lorsqu’il n’est pas facile d’aimer il est plus facile encore de ne pas haïr et encore moins de chercher à se détruire…
Nulle cause au monde ne mérite ce à quoi, ces derniers jours, nous avons eu droit.
Que l’on ne me dise pas que telle liberté voir telle indépendance mérite bien toutes ces pertes en vies humaines car, nous voyons bien ce que certains font autant de cette liberté que de cette indépendance…
Que l’on ne me dise pas que telle ou telle forme de gouvernance et autres mérités le prix que les peuples y mettent car je me permettrais alors de vous rappeler ce qui se passe dans certains pays qui se veulent les flambeaux autant des révolutions que des droits de l’homme.

Diagnostic II
Les uns, vivant leurs joies,
Les autres, étouffant leurs peines.
Les deux étant près des bois,
Comment faire taire leur haine ?

Les uns, sans le moindre le remords
Les autres, comptant leurs morts
Les deux, nageant dans le tort
Comment, chasser ce mauvais sort ?

Les uns pour les autres ennemis
Ces autres pour ces uns, ennuis.
Tous deux, envoûtés, oublient
Qu’il faut deux pour faire une vie.

Je n’ai rien contre les premiers
Et encore moins contre les seconds.
N’étant ni cultivateur ni fermier
Je n’aime ni fauves ni faucons.

Je n’ai rien contre les costumes
Je ne porte pas de gandoura
Ma fierté, la bonne plume
De la gloire, je n’en veux pas.
Je n’ai rien, mais je vous aime
Sur la table, la bonne crème
La main dans la main, le pardon
Les yeux dans les yeux, semons
Dans le respect le grand amour
Pour la vie, sans ombre ni détour.


mouloudi mustapha

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